CODEVI

Comité de défense de Villiers-sur-Marne et de ses habitants

Pierre LAGUERODIE, nous livre son analyse sur la destruction programmée de nombreux gîtes accueillant les chiroptères dans la propriété Michot

Thème : arbres abattus,Urbanisme  - lundi 11 septembre 2017

Ce témoignage vise  » l’étude partielle et partiale », du lundi 15 janvier 2016, consacrée à la présence de chauves-souris (chiroptères) dans le parc de la propriété Michot…(Voir cette étude-annexe p. 64 et suivantes en cliquant sur ce lien : http://www.codevilliers.fr/wp-content/uploads/2017/08/DRIEE-Tulipes-sylvetris.pdf).

 

Passionné par ce petit animal qui est plus utile à l’espèce humaine qu’une bombe anti-moustiques, je me suis rapproché cet été d’une réserve naturelle, située dans les Pyrénées, animée par des acteurs naturalistes et biologistes, pour obtenir des informations sur ce mammifère peu commun, qui est protégé par des textes européens et nationaux depuis au moins trois décennies !
En rentrant j’ai relu le recours judiciaire déposé par Codevi et en lisant la partie réservée à « l’étude sur les chiroptères de la propriété Michot », j’ai décidé de vous faire part de ma réflexion en soulevant notamment des questions constructives sur le sérieux de cette « étude » et en vous faisant partager mes doutes…

Je pense, ainsi, pouvoir affirmer que ce rapport est loin d’être complet. L’observation effectuée le 15 janvier 2016 (???) et les mesures compensatoires avancées m’apparaissent parfois teintées d’ironies pour plusieurs raisons:

Première raison : l’étude effectuée sur l’ensemble de la propriété dont nous pouvons lire les conclusions en pièce jointe, remonte au 15 janvier 2016. Je rappelle pour ceux qui ne connaissent pas le métabolisme de « la bestiole » qu’il s’agit d’une espèce qui hiberne entre quatre et six mois de l’année, période pendant laquelle les températures sont trop basses à la fois pour sa survie mais également pour les nombreux insectes dont elle se délecte… Autrement dit si notre spécialiste avait véritablement voulu faire une étude convenable, il l’aurait entamé comme les biologistes dont j’ai partagé le travail et leurs conclusions depuis le printemps jusqu’à la fin de l’automne…D’autant que votre association préférée a reçu des sérieux témoignages de riverains confirmant une activité importante de la présence de cette chauve-souris autour du bois un quart d’heure avant le coucher du soleil !

Deuxième raison : la chauve-souris fuit la lumière artificielle et le bruit provoqués par la présence de l’homme, très accentués en milieu urbanisé. Aussi le fait de vouloir utiliser le château d’eau comme nichoir de substitution pour remplacer les arbres remarquables, souvent centenaires et ainsi y remplacer les éventuels lieux de vie, n’est pas raisonnable et pourrait porter à en rire si le sujet n’était pas aussi sensible. Car rappelons tout de même que le château d’eau doit se retrouver accollé à l’une des façades équipées de balcons et terrasses de l’un des cinq immeubles à construire ! (voir nos photos en cliquant sur ce lien Ancien château d’eau

La troisième raison vise la mesure préconisant l’utilisation de nichoirs pour « remplacer » les arbres et tous les lieux de reproduction des chiroptères de la propriété Michot. Car si elle est louable, elle paraît pour le moins très insuffisante quand on sait qu’il faut en moyenne trois à cinq ans, en milieu urbain, pour que nos chauve-souris de Villiers prennent l’habitude de leur nouveau logis ! Et que ces abris de substitution doivent impérativement être implantés au moins à plus de trois mètres du sol, exposé sud/sud-est car notre future « copropriétaire » adore la chaleur !

En lisant le rapport de ce « professionnel » de notre petite chauve-souris de Villiers et ses conclusions, vous comprendrez donc que le doute sur la véracité des informations consignées soit permis ou pour le moins que les affirmations  de notre expert puissent apparaitre comme très succinctes ou/et précipitées.

Autre désaccord sur la façon dont l’étude s’est organisée: on n’étudie pas, à mon avis un site sur un simple coup d’œil ou sur des informations qui n’existent pas ou du moins pas encore ! Je cite sun extrait :

« Bien que nous étudions les chiroptères depuis plus de trente ans en Région-Ile-De-France, nous n’avons aucune donnée sur les chiroptères de cette ville… » Et d’ajouter… « Les recherches bibliographiques n’ont rien données » … « l’ensemble du site a été prospecté le 15 janvier 2016 en recherchant les cavités, fissures, écorces décollées… » 

La seule lecture de ces trois phrases est suffisante pour  comprendre les limites de cette étude. Car la présence de chauves-souris s’étudie sur du long terme avec du matériel approprié (détecteur à ultra-sons) durant les quatre saisons car une colonie de ces petites bêtes, qui jouent un rôle de démoustiqueur très efficace (une chauve-souris peut manger jusqu’à 1000 moustiques par nuit et le tiers de son poids en insectes de toute sorte…), est vouée a se déplacer dans trois voir quatre endroits différents: pour hiberner, pour donner naissance à leur petit (un par an), pour se reproduire à la fin de l’été, pour chasser(une seule d’entre elles peut parcourir jusqu’à 30 kilomètres par nuit ! ).

Car une fois de plus je constate, pour avoir pu entrer dans ce petit paradis inconnu des villiérains que notre expert a omis de rappeler l’existence de caves et de champignonnières, de mares, d’un grand puits sans compter l’immense piscine/bassin alimentée par un ru ou un forage sur nappe phréatique. Ainsi tout y est pour que nos chauves-souris « Michot » trouvent sur place de quoi subvenir à leurs besoins: gites d’hibernation, gites de reproduction, gites de nurserie et territoire de chasse…

(Voir en cliquant sur ce lien l’ensemble des bâtiments susceptibles d’accueillir des chiroptères dont la destruction est prévue (photos, plan de situation etc.) : PC 16N0063 – bâtiments à démolir

La protection de la chauve-souris, encadrée par des textes de lois:

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en matière de protection des chiroptères les textes de lois sont importants et nombreux.
A la fin des années 70, l’Union Européenne a adopté de nombreux textes pour protéger les chiroptères dont plusieurs espèces sont en voie de disparition:

La Convention de Bonn du 23 juin 1979 engage les états membres à protéger les espèces en danger. La plupart de ces chauve-souris sont présentes en France.

La Convention de Berne qui vise la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel, signée le 19 septembre 1979. Elle accorde une attention particulière aux espèces menacées d’extinction et vulnérables. Ce cadre législatif impose aux états signataires, dont la France, la protection des espèces mais aussi leurs gîtes d’hibernation et de reproduction.

– L’arrêté ministériel du 17 avril 1981 a donc retranscrit en droit français cette obligation de sauvegarder toutes les espèces de chauve-souris.

– Depuis 1992, la Directive européenne Habitat Faune Flore recommande aux pays de l’Union la protection stricte de toutes les espèces de Chiroptères…

Ma conclusion:

Aujourd’hui à Villiers-sur-Marne, on est à deux doigts de transgresser ces textes d’où l’importance des recours déposés par le Codevi.

Je pense, sans prétention, avoir démontré que l’étude du biotope de la propriété Michot a été minimisée une nouvelle fois alors que trois espèces présentes sur le site (au moins) sont protégées par des textes de loi : la tulipe sylvestre, la chauve-souris, et le pic épeichette. Tout ça pour construire cinq immeubles de logements collectifs qui auraient leur place le long de l’ancienne autoroute VDO (projet abandonné) et dont l’emprise réservée serait le lieu de création de… 4500 logements !!!

Enfin, il est permis de se demander pourquoi l’arrêté préfectoral fait l’impasse sur la présence massive de chauves souris dans la propriété Michot et sur le fait que le projet immobilier va détruire un nombre important des gîtes potentiels de cette espèce ultra protégée (arbres, maisons, caves, champignonnière…) ?

Pierre LAGUERODIE, secrétaire du CODEVI

 

 

 

 

  1. Benisti est comme le Joker qui souhaite mettre à sa main sa bonne ville de Gotham City Villiers sur Marne, il n’aime pas les batmans…..
    Pourtant ces petits animaux sont très utiles pour nous débarrasser des pucerons… Et à Villiers il y a du boulot pour elles…..

  2. Merci Pierre pour tes explications. Le fait que les chauves souris « aient été oubliées » dans la demande de dérogation aux espèces naturelles signée par le Préfet vient s’ajouter à l’absence d’autorisation de défricher la partie « forêt » de la propriété Michot… Cela commence à faire beaucoup d’illégalités constatées dans cette affaire. Le Codevi a bien fait de transmettre cette affaire à la justice afin qu’elle se prononce sur toutes les anomalies signalées dans cet article et dans le précédent.
    Le promoteur ferai bien de renoncer à son projet de destruction d’un bijou écologique au coeur de Villiers

  3. Il faut prospecter les collectivités territoriales et autres personnes morales de droit ou privé ( fondations, siège sociaux de grandes entreprises publiques ou privées …) qui pourraient acheter la propriété Michot dans sa globalité. Avez vous constitué un presse book sur les principales caractéristiques de cette propriété (superficie de la grande maison, de ses dependances (serres, garages, autres logements extérieurs à la maison, superficie des petites Halles Ballard, de la piscine etc. Avec si possible des photos. Il faudrait egalement les plans des parcelles, le plan de zonage en vigueur avant 2013 lorsque la propriété Michot’etait classée en EBC (espace boisé classé etc) c’est à dire lorsqu’elle était strictement protégée avant que notre sinistre Maire ne la fasse déclasser dans le PLU de 2013 pour pouvoir échafauder son sinistre projet…
    Merci de mettre en ligne ce dossier afin que nous puissions proposer l’acquisition de la propriété Michot a des acheteurs respectueux de sa beauté et de sa conservation
    Rien n’est joué

  4. Ce matin en écoutant France Inter, j’ai entendu Mr Baraton, qui a une chronique sur les jardins et autres potagers, parler de Mr Yann Wehrling, conseiller régional et de Mme Valérie Pécresse, pour le parrainage et la protection des arbres remarques en Ile de France.

    Je suis aller sur internet et voici un lien parlant de cette info, qui pourraient peut-être abonder dans votre démarche contre la destruction des arbres de la propriété Michot.

    http://www.francesoir.fr/actualites-politique/les-franciliens-invites-parrainer-des-arbres-pour-les-proteger

    Puis en creusant un peu j’ai trouvé ceci, ainsi que le rapport de Mr Yann wehrling

    https://www.iledefrance.fr/region-va-proteger-valoriser-arbres-remarquables

    https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/arbres_wehrling.pdf

    Dans ce rapport, en fin du paragraphe 1 (début de la page 5) il y a une remarque sur la biodiversité et plus précisément des Chauves souris qui utilisent ces arbres.
    etc.

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